Autrefois..

Autrefois, des hommes mettaient à l’eau des navires et mouraient au combat pour l’honneur d’une femme.

Maintenant, ils paient 9,99€ par mois pour la déshonorer.

Il fut un temps où le corps d’une femme symbolisait quelque chose de plus grand qu’elle-même : sa famille, sa lignée, l’honneur de son peuple. Les hommes n’étaient pas parfaits, mais on leur enseignait que maltraiter ou violer une femme revenait à la couvrir de honte, non seulement elle, mais aussi lui-même. La relation entre hommes et femmes était régie par la retenue, la responsabilité et le respect, même dans les systèmes patriarcaux. On ne touchait pas à ce qu’on n’avait pas l’intention de protéger.

Aujourd’hui, tout ce cadre moral s’est effondré. La marchandisation du corps féminin est devenue si courante que les hommes paient désormais systématiquement pour y accéder, non par la force ou la conquête, mais par abonnement. Et d’une certaine manière, cela est perçu comme un progrès.

L’ironie est stupéfiante : nous sommes passés de cultures fondées sur l’honneur, où les hommes portaient le fardeau de protéger la dignité des femmes, à des sociétés hyperconsuméristes où ces mêmes hommes financent l’exposition de leur personnalité et appellent cela « l’empouvoirement ». Pire encore, on dit aux femmes que cet échange est libérateur.

Mais cette dégradation ne se limite pas à l’exploitation des femmes par les hommes, ou inversement, elle concerne l’effondrement d’une économie morale mutuelle. Les deux sexes souffrent de la perte d’une éthique commune qui régissait autrefois de l’intimité et du désir. Les hommes ne se sentent plus tenus de protéger ; les femmes ne se sentent plus sacrées d’être protégées. Nous avons remplacé le respect par la transaction, et le résultat n’est pas la liberté, mais l’épuisement, la désillusion et un profond sentiment d’abandon spirituel.

Il ne s’agit pas d’une nostalgie pudibonde. Il s’agit de reconnaître que la dignité doit être défendue par les autres pour être préservée en soi. Lorsqu’une culture n’enseigne plus aux hommes à honorer les femmes, et n’apprend plus aux femmes à attendre l’honneur des hommes, ce vide n’est plus l’égalité, mais l’aliénation.

Le modèle de l’abonnement n’est qu’un symptôme. Le problème plus profond est que les deux sexes ont été coupés des rôles qui leur donnaient autrefois un but, une identité et une responsabilité mutuelle. Les hommes étaient autrefois jugés sur la façon dont ils traitaient les femmes. On leur enseignait que leur valeur ne résidait pas dans la visibilité, mais dans le fait d’être chéries. La mort de ces idéaux ne nous a pas rendus meilleurs. Elle nous a rendus plus seuls, plus cyniques et plus faciles à utiliser les uns pour les autres.

Tant que le respect ne sera pas restauré, il n’y aura pas de restauration. Et cette restauration ne commencera pas par une politique, mais par une vision : une vision renouvelée de la mission des hommes et des femmes.