La pudeur

Historiquement, la pudeur a fonctionné comme une norme culturelle offrant aux femmes un certain degré de protection et d’intimité. Elle a renforcé l’idée que la valeur d’une femme n’était pas principalement visuelle ou sexuelle.

À mesure que la pudeur s’érodait, sous le signe de la « libération », le corps des femmes est devenu plus visible dans les médias, la publicité et la vie publique. Mais cette visibilité accrue n’a pas entraîné un respect accru. Elle a plutôt conduit à une chosification accrue.

La révolution sexuelle a redéfini la pudeur comme une forme de répression et promu l’exposition de soi comme une forme d’émancipation. En réalité, ce changement a rendu les femmes plus vulnérables à la consommation, à la marchandisation et à l’évaluation sur des critères purement physiques.

Plus la culture devenait immodeste, plus on attendait des femmes qu’elles se montrent sexuellement performantes, désirables, disponibles et constamment attirantes. Cela créait une pression psychologique et sociale immense.

Les taux de dysmorphie corporelle, de troubles alimentaires, de chirurgie esthétique et d’anxiété ont explosé, notamment chez les jeunes femmes. La « libération » s’est transformée en une nouvelle forme de servitude : la valeur est liée à la visibilité et au sex-appeal.

La pudeur permettait autrefois aux femmes de définir leur valeur indépendamment de la consommation masculine. Elle préservait les frontières. Son déclin a érodé ces frontières, laissant les femmes plus exposées, mais moins respectées.

Il ne s’agit pas de panique morale, mais d’une tendance mesurable. À mesure que la sexualisation progresse dans les médias et la culture, le harcèlement sexuel, l’exploitation occasionnelle et l’idée que les femmes existent pour le divertissement se multiplient.

La pudeur n’est pas une question de honte, mais de pouvoir. Lorsque les femmes choisissent de limiter l’accès à leur corps, elles reprennent le contrôle d’une culture qui exige constamment l’exposition.

En bref : moins nous avons de pudeur, plus nous réduisons les femmes à des corps.
Et plus nous réduisons les femmes à des corps, plus elles souffrent.


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