J’entends d’innombrables personnes, notamment des athées, parler de « faits scientifiques ». Mais existe-t-il un « fait scientifique » ? Absolument pas.
Voici les raisons pour lesquelles les faits scientifiques n’existent pas…

La science fournit des modèles, pas des faits
Avez-vous déjà entendu l’expression « la carte n’est pas le territoire » ? Réfléchissez à ce qu’est une carte… Une carte symbolise un territoire, ce qui vous permet de construire mentalement un modèle simplifié de ce lieu et de le comprendre approximativement. Mais si vous avez la carte d’un désert, la carte n’est pas ce désert… c’est une maquette du désert. La carte peut être erronée, manquer d’informations, etc.
De la même manière, la science nous fournit des modèles. Un modèle scientifique représente la réalité, mais il n’est pas la réalité elle-même. Il simplifie, organise et explique.
C’est très différent d’un fait. Un fait serait une information vraie, définitive et immuable sur le monde. Les faits sont irréversibles, les modèles sont toujours révisables. À titre d’exemple, voici quelques modèles scientifiques qui ont évolué au fil du temps :
Les lois du mouvement de Newton étaient autrefois considérées comme des faits absolus, jusqu’à ce qu’Einstein démontre qu’elles s’effondrent à des vitesses très élevées et sous des champs gravitationnels puissants.
C’était autrefois un « fait scientifique » que les atomes étaient indivisibles, jusqu’à la découverte des particules subatomiques.
Les médecins croyaient autrefois que les ulcères étaient causés par le stress et l’alimentation, jusqu’à ce qu’il soit démontré que les bactéries en étaient responsables.
Il était autrefois un « fait » que la lumière se propageait sous forme d’onde, jusqu’à ce que la mécanique quantique révèle qu’elle agit également comme une particule.
La science est toujours ouverte à la révision et au changement, contrairement aux faits.

La science utilise le raisonnement inductif
Une autre raison pour laquelle la science ne nous donne pas de faits est qu’elle fonctionne par raisonnement inductif.
Le raisonnement inductif consiste à observer des cas particuliers et à tenter d’en déduire une tendance générale. Il ne s’agit pas d’une preuve déductive, mais d’une hypothèse éclairée fondée sur ce que nous avons observé jusqu’à présent.
Par exemple, vous observez mille cygnes, et ils sont tous blancs. Vous concluez : « Tous les cygnes sont probablement blancs. » Mais ce n’est pas certain. Vous n’avez observé qu’un petit échantillon de cygnes. Il pourrait y avoir des cygnes noirs que vous n’avez pas encore trouvés.
La science fonctionne de la même manière. Nous observons que chaque fois que de l’eau pure gèle au niveau de la mer, c’est à 0 °C. Nous affirmons donc que « l’eau gèle à 0 °C ». Mais en réalité, il s’agit simplement d’un schéma, d’une régularité que nous avons constatée. Ce n’est pas une règle absolue inscrite dans la nature.
Lorsque l’on parle des « lois de la physique », ce langage est trompeur. Il n’existe pas de lois concrètes régissant le comportement des choses (il pourrait y en avoir, mais la science ne peut le prouver). Ce que nous observons ne sont pas des lois, ce sont des schémas. Ces schémas se sont maintenus jusqu’à présent, mais il est toujours possible qu’ils ne se maintiennent plus ailleurs, et nous n’avons tout simplement aucun moyen de le savoir.
Tout raisonnement inductif dit que « X est probablement le cas », il ne dit jamais « X est le cas », et une forte probabilité n’est pas un fait.
La science repose sur ce type de raisonnement. C’est pourquoi ses conclusions ne sont jamais définitives. Elle nous fournit des modèles utiles et des schémas établis, mais pas des faits immuables sur la réalité.

La science repose sur des hypothèses injustifiées
Une troisième raison pour laquelle la science ne nous donne pas de faits définitifs est qu’elle repose sur des hypothèses injustifiées.
Pour faire de la science, nous devons partir d’un certain nombre d’hypothèses que la science elle-même ne peut prouver. Il ne s’agit pas de conclusions scientifiques, mais d’hypothèses philosophiques sur le monde et la raison humaine.
Par exemple, nous supposons que tester des choses peut révéler la vérité. Mais comment le prouver ? Essayer de vérifier si les tests révèlent la vérité revient à supposer la chose même que vous cherchez à prouver.
Nous partons également du principe que le raisonnement humain est fiable. Mais la science ne peut le prouver. Il faut d’abord s’appuyer sur son raisonnement pour mener une recherche scientifique.
Nous supposons que la nature est uniforme et que l’avenir ressemblera au passé. Sans cette hypothèse, il serait impossible de faire des prédictions. Or, rien ne prouve scientifiquement que la nature continuera à se comporter comme elle l’a fait jusqu’à présent.
Nous partons du principe que la logique est valide. Or, la logique n’est pas un produit de la science. C’est une condition préalable nécessaire à toute pratique scientifique.
Enfin, nous partons du principe que nous devons rechercher la connaissance, qu’il est bon et juste d’apprendre sur le monde. Cela non plus ne repose pas sur un résultat scientifique. Il s’agit d’un jugement de valeur qui sous-tend tout le projet scientifique.
En d’autres termes, la science repose sur un ensemble d’hypothèses indémontrables. Puisque toute preuve requiert une justification, et que ces hypothèses sont injustifiées, la science ne peut apporter la preuve définitive de quoi que ce soit. Elle nous fournit des modèles et des schémas utiles, mais elle repose sur la foi en un certain nombre de choses qu’elle ne peut prouver elle-même.

Conclusion:
La science ne nous fournit pas de faits définitifs. Elle nous propose des modèles de compréhension toujours révisables. Elle s’appuie sur un raisonnement inductif, qui ne peut jamais apporter de certitude. Elle repose également sur des hypothèses indémontrables, extérieures à la science elle-même.
Ce n’est pas une faiblesse. C’est simplement la nature de la science. La science est un outil permettant d’explorer les schémas du monde, et non une source de vérité ou de faits absolus.
Quiconque dit que « la science nous donne des faits » ne comprend pas ce qu’est la science ou ne comprend pas ce qu’est un fait.

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