Il existe un réflexe rhétorique particulier observable dans le discours moderne, en particulier chez les femmes, qui révèle un profond malaise face à l’asymétrie : la compulsion à contrer immédiatement toute déclaration qui met en évidence la dépendance féminine ou la spécificité masculine par une remarque équilibrante.
Dites : « Les femmes ont besoin des hommes », et la réponse sera : « Les hommes ont aussi besoin des femmes. »
Dites : « Les hommes ont construit la civilisation », et la réponse devient : « Les femmes ont élevé ces hommes. »
Ce n’est pas une dispute. Ce n’est pas une discussion.
Il ne s’agit pas d’une simple habitude conversationnelle ; cela reflète un aspect plus profond de la psyché moderne : le rejet de la hiérarchie, de la différence et de la complémentarité, de tout ce qui ne se conforme pas à un cadre moral strictement symétrique. Au nom de l’égalité, nous exigeons désormais l’interchangeabilité.
Mais la nature humaine n’est pas symétrique. La dépendance n’est pas un défaut. L’asymétrie n’est pas une oppression. Le masculin et le féminin n’ont jamais été censés être des images miroir, mais des formes distinctes de force dans une relation ordonnée.
La femme moderne, façonnée par des décennies d’endoctrinement égalitaire, ne peut tolérer d’entendre parler de son besoin du masculin sans affirmer immédiatement que le masculin dépend aussi d’elle.
Ce à quoi nous assistons n’est pas l’égalité, mais un besoin pathologique d’aplatir la réalité, de taire tout ce qui pourrait impliquer vulnérabilité, dette ou différence. Ce faisant, tout dialogue authentique devient impossible. La vérité, interrompue par d’insupportables absurdités régurgitées, ne peut jamais s’exprimer.

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