Autrefois, nous savions ce qu’était une mère.
Non pas au sens sentimental, mais au sens vécu et incarné du terme : une femme qui se donne, spirituellement, émotionnellement, physiquement, pour une autre vie. Une femme dont l’identité se confond avec l’attention. Qui observe. Qui écoute. Qui se souvient. Qui porte.
Mais quelque chose d’étrange s’est produit.
Dans la culture actuelle, la maternité a été réduite à un événement, quelque chose qui se produit lorsque le corps d’une femme accomplit une tâche biologique. Vous donnez naissance, vous devenez mère. Techniquement, légalement, peut-être émotionnellement. Mais tout ce qui suit : l’éducation, l’observation, le façonnage, la présence lente et coûteuse, est devenu facultatif.
Car dans un monde qui vénère l’efficacité, la maternité est inefficace.
Alors, nous la sous-traitons.
Nous félicitons les femmes d’avoir tout, d’avoir donné naissance sans ralentir le rythme.
Nous les encourageons à déléguer leurs enfants à des nounous, à des systèmes, à des écrans.
Nous parlons d’« autonomisation » des mères, mais nous nous demandons rarement ce qui arrive aux enfants.
Ou ce qui arrive à une femme lorsqu’elle donne la vie mais n’est jamais autorisée à vivre pleinement sa vie de mère.
La société moderne a divisé la maternité en deux : la biologie et la responsabilité. Elle prétend ensuite que ces deux moitiés peuvent fonctionner séparément.
Mais ce n’est pas le cas.
Et si le corps d’une femme donne la vie au monde, mais que son cœur, son esprit, son temps, son énergie, son âme sont sollicités ailleurs, alors nous ne l’avons pas élevée. Nous l’avons fracturée.

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