Du berceau au bagage à main : pourquoi la féminité moderne s’accompagne désormais d’un chien et d’un passeport

Il existe un nouvel archétype de la féminité. Célibataire, grande voyageuse, financièrement indépendante, elle revient toujours de Lisbonne, de Bali ou de Mexico. Elle a un chien et probablement un thérapeute. Elle congèlera peut-être ses ovules « au cas où », mais pour l’instant, elle s’investit pleinement. Elle n’est pas mère, sauf si l’on compte « maman chien ». Elle n’est pas épouse. Mais la culture vous dira à quoi ressemble une femme moderne et épanouie. 

La culture moderne n’a pas effacé la féminité, elle en a redéfini le sens. Le féminisme a dit aux femmes que la voie traditionnelle était un piège. Le mariage freinerait leur croissance. Les enfants leur voleraient leur liberté. La domesticité leur épuiserait l’esprit. Alors, au lieu de rejeter complètement la féminité, la culture a proposé des substituts. La version générique de la vraie féminité.

Le mariage a été troqué contre un « partenariat avec soi-même », contre des rencontres sans intérêt. 

Les enfants contre des animaux. 

Les racines contre des voyages. 

Et le sens contre de l’excitation. 

Mais cet échange a eu un prix élevé. Et beaucoup de femmes ne s’en rendent compte que lorsqu’il est trop tard pour revenir en arrière. 

La maternité reprogrammée, pas supprimée 

On peut réprimer l’instinct, mais on ne peut pas l’effacer. Les femmes sont faites pour prendre soin des autres. Cet instinct ne disparaît pas parce que l’idéologie le veut. Il réapparaît donc sous des formes culturellement approuvées : gâteaux d’anniversaire pour chiens, dévotion enfantine aux plantes, attachements parasociaux aux influenceurs. L’instinct maternel est toujours là. Et il ne disparaîtra jamais.

Parce qu’un chien ne perturbera pas votre sommeil. Il ne vous détruira pas. Il ne pleurera pas pendant votre réunion Zoom et ne vous mettra pas à l’épreuve. Et il ne vous demandera certainement pas de sacrifier votre autonomie. Vous pouvez le confier à une baby-sitter et vous envoler pour le Maroc. 

C’est ce qui fait du chien un substitut culturellement acceptable : il permet aux femmes de se sentir utiles sans jamais être contraintes. 

Le voyage, une transformation 

Le voyage est également devenu un mythe. Ce n’est plus une activité, c’est qui vous êtes. Un passeport bien tamponné est désormais la preuve d’un développement personnel. Celle qui mesurait autrefois sa vie en événements marquants – mariage, bébés, famille – la mesure désormais en destinations.

Mais contrairement au mariage et à la maternité, qui exigent engagement, endurance et sacrifice personnel, le voyage est un voyage organisé, temporaire et entièrement autodirigé. Il vous donne l’impression d’avoir grandi sans réellement changer. Il vous donne l’impression de vous être trouvée sans jamais être connue.

Car la transformation personnelle ne se produit pas dans la salle d’embarquement. Elle se produit dans la monotonie silencieuse du devoir. Dans le lent effondrement de votre fierté lorsque votre enfant refuse de dormir. Dans le miroir brutal de l’intimité lorsque votre conjoint révèle vos défauts. Le véritable devenir est inconfortable. Et c’est dans la permanence, que se forge le caractère.

Le culte de l’autonomie 

À l’origine de ce changement se trouve le culte de l’autonomie. Nous en sommes venus à croire qu’être libre, c’est ne pas être revendiquée. Ininterrompue. Et dans ce cadre, tout ce qui nous lie, comme un conjoint, un enfant et un foyer, est perçu comme une menace. 

Mais voici la contradiction : nous sommes des créatures d’attachement. Nous sommes faits pour nous attacher. Et lorsque nous rompons ces liens naturels, nous ne sommes pas plus épanouis. Nous devenons simplement plus désorientés. 

C’est pourquoi tant de femmes, aujourd’hui trentenaires ou quadragénaires, pleurent en silence la vie qu’on leur a appris à rejeter. Elles ont connu les brunchs, les soirées œnologiques, les voyages. Mais personne ne leur a dit que l’âme a une mémoire plus longue que la culture. Que même après avoir accompli tout ce que le monde lui ordonne, elle souffre encore de ce pour quoi elle a été créée. Car on peut fuir son destin, mais on ne peut jamais se cacher.

Conclusion : La Grande Substitution 

Ceci n’est pas une critique personnelle. C’est une critique du système qui a vendu à une génération de fausses promesses et qui nuit aujourd’hui à des millions de femmes. Un système qui prétendait que la liberté était un mouvement perpétuel, que la dévotion était dangereuse et que le détachement était la plus haute forme de maturité. 

Mais la vérité est la suivante : une vie de consommation constante et d’expériences organisées ne remplace pas l’amour. Un chien n’est pas un enfant. Un voyage n’est pas un héritage. Et une vie mondaine n’est pas une vie sainte. 

La liberté sans fécondité n’est que dérive. 

Le plaisir sans sacrifice n’est que complaisance. 

Tôt ou tard, tous les détours mènent à la réalité, tôt ou tard, il faut se regarder dans le miroir et réaliser que malgré toutes les distractions environnantes, tous les mensonges que l’on se raconte pour apaiser la douleur, sa conscience connaît la vérité et ne cessera jamais de vous hurler dessus.


Laisser un commentaire