Il y a une chose que les femmes doivent admettre, même si c’est inconfortable : le féminisme est séduisant. Non pas parce qu’il est noble ou vertueux, mais parce qu’il fait appel à quelque chose d’essentiel en elles. Il flatte l’ego, apaise les blessures et justifie le vice. Il promet la liberté sans responsabilité, le pouvoir sans prix et le sens sans sacrifice. Il ne répond pas à la soif de vérité de l’âme, mais au désir de contrôle de la chair. C’est pourquoi il a connu un essor si rapide. C’est pourquoi il retient encore des millions de femmes captives. Et c’est pourquoi le rejeter aujourd’hui ressemble moins à un changement d’idées qu’à la trahison d’une manière d’être tout entière.
Le féminisme n’a jamais été une question d’équilibre. C’était une question d’inversion. Il a dit aux femmes que tout ce qu’il leur avait appris à admirer – la douceur, l’humilité, l’obéissance, l’amour généreux – étaient en réalité des signes d’oppression. Il leur a dit qu’elles avaient été trompées, que la féminité elle-même était une forme de captivité. Que leur nature était leur ennemie. Puis, après avoir vidé leur identité de leur substance, elle leur en a offert une nouvelle, brillante, moderne et creuse.
Elles n’ont pas été poussées au féminisme par la raison. Elles ont été séduites. Et si personne ne leur a jamais montré le contraire, comment auraient-elles pu savoir ?
I. Le féminisme, sanctification du vice
Le féminisme ne s’est pas contenté de rejeter la vertu ; il l’a inversée. Il a dit aux femmes que ce à quoi il fallait autrefois résister pouvait désormais être adopté. L’orgueil est devenu pouvoir. La luxure est devenue libération. L’envie est devenue justice. La colère est devenue vertu. Et l’égoïsme était l’autel qu’elles devraient toutes vénérer. Il leur a permis d’exalter leurs instincts les plus bas sous couvert de croissance. Il leur a offert un cadre qui ne nécessitait ni transformation, ni lutte, ni sanctification. Elles n’avaient pas besoin de s’améliorer, elles devaient simplement se faire entendre, céder à toutes leurs impulsions. Ne plus se maîtriser.
On leur a dit que le féminisme était synonyme d’égalité. Mais l’égalité n’était qu’un vernis. L’ombre derrière laquelle se cachait la vérité perverse. Derrière tout cela se cachait quelque chose de bien plus ancien et de bien plus sombre : une rébellion contre les limites, un rejet de l’ordre et un profond ressentiment envers la hiérarchie naturelle de la vie. Contre Dieu lui-même. Il ne s’agissait pas d’élever les femmes.
Et elles ont mordu à l’hameçon, non pas par stupidité ou par superficialité, mais parce qu’elles sont déchues. Parce qu’elles sont toutes les filles d’Ève.
II. L’effondrement de l’archétype et de la forme
Il y avait autrefois un rythme sacré pour la féminité. Il n’était ni rigide ni robotique, mais il avait une forme. Il y avait une progression : jeune fille, mère, matriarche. Chaque étape apportait ses exigences, ses gloires, ses sacrifices. Et ces étapes n’étaient pas seulement biologiques, elles étaient aussi spirituelles. Elles formaient le monde intérieur d’une femme. Elles lui donnaient une direction, une identité et un sentiment d’appartenance à quelque chose de plus grand qu’elle. Cela leur donnait un but.
Mais le féminisme leur disait que la structure était une imitation. Qu’être spécifique, c’était être moins que tout. Que ne pas avoir le droit d’être tout ce qu’elles désiraient était mal. Que ne pas céder à ses pulsions était la véritable oppression. Alors nous avons démantelé les archétypes. Nous nous sommes moqués de la mère, nous avons sexualisé la jeune fille et nous avons dit à la matriarche d’aller se faire injecter du Botox pour rester dans la course. Nous avons vidé la féminité de son sens.
Résultat ? Les femmes sont « sans station ». On attend désormais des femmes qu’elles soient tout à tout moment, qu’elles paraissent toujours avoir vingt ans, qu’elles travaillent comme des hommes, qu’elles soient mères comme des saintes et qu’elles vieillissent comme des fantômes. C’est épuisant !
III. L’instrumentalisation de l’empathie
L’un des tours les plus cruels jamais utilisés par le féminisme a été d’instrumentaliser leur empathie contre elles. Les femmes, par nature, sont relationnelles. Elles aspirent à l’harmonie, à la compréhension, au lien. Alors, lorsque le féminisme s’est drapé dans le langage de la justice et de la libération, elles se sont engagées. Elles voulaient se soucier des autres. Elles ne voulaient pas juger. Elles voulaient soutenir leurs sœurs. Elles ne voulaient pas être cruelles.
Alors, elles ont acquiescé. Elles ont fait de la place. Elles ont fait taire leurs doutes. Elles ont commencé à dire des choses comme « leur vérité » au lieu de la vérité. Elles ont appris à éviter les questions difficiles, et lorsqu’elles ont ressenti ce léger malaise intérieur, elles se sont convaincues qu’il s’agissait simplement de misogynie intériorisée. Le féminisme leur a appris à remettre en question leurs convictions et à s’en remettre à la masse. Confondre compassion et compromis. Et avant même de s’en rendre compte, elles défendaient une vision du monde qui les détruisait.
IV. Pourquoi est-il facile d’être féministe
Il est facile d’être féministe. Disons-le clairement.
Il est facile de croire qu’on n’a de dettes envers personne.
Il est facile de dire : « Je fais ce que je veux. »
Il est facile de se déresponsabiliser au nom de l’autonomisation.
Il est facile d’exiger attention, reconnaissance et louanges sans offrir obéissance, service ou révérence.
Il est facile de vivre selon ses impulsions et d’appeler cela la libération.
Et c’est facile parce que ce n’est pas nouveau. Il s’agit, à bien des égards, simplement de la réinterprétation du plus vieux mensonge du monde : « Tu ne mourras pas, c’est sûr. Tu seras comme Dieu. » Le féminisme n’a pas créé cette soif d’autonomie, il lui a simplement donné un langage socialement moderne et acceptable.
Mais ce qui est difficile, vraiment difficile, c’est d’y résister. Accepter la féminité non pas comme un produit à personnaliser, mais comme une vocation à honorer. Choisir l’obéissance à Dieu plutôt que l’affirmation culturelle. Accepter les rôles sacrés, même s’ils vous coûtent tout. S’enraciner dans quelque chose. C’est le chemin étroit. Et peu l’empruntent.
V. Quand le rejet ressemble à une trahison
Aujourd’hui, rejeter le féminisme ne signifie pas simplement adopter une philosophie différente. C’est commettre une hérésie culturelle. C’est se placer en dehors des limites de ce qui est considéré comme décent, aimant ou éclairé.
Vous pouvez être ce que vous voulez, sauf traditionnelle. Vous pouvez porter ce que vous voulez, coucher avec qui vous voulez, avorter, dégrader votre mari, mépriser votre famille, et vous serez applaudie. Mais si vous osez aimer votre rôle d’épouse, si vous osez dire que vos enfants passent avant votre carrière, si vous osez vous soumettre à votre mari par amour, si vous osez croire que la féminité ne se construit pas seule, mais est un don de Dieu, vous serez ridiculisée. Vous serez rejetée.
Et pourtant, les femmes doivent choisir cela.
Elles doivent choisir de se souvenir de ce qui a été oublié. Que le chemin de la féminité n’est pas un labyrinthe sans fin de réinvention. C’est un épanouissement sacré. Un appel à la maturité, au don de soi, à la sainteté. Il a une forme. Il a un but. Et c’est seulement en le parcourant que les femmes seront vraiment libres.

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